Réflexion sur la thèse de Nicole Marchand. Qui était Shakespeare ?

Avec ses livres sur Shakespeare parus aux éditions du Septénaire, Nicole Marchand nous invite à une relecture  étonnante et bouleversante de Shakespeare : Elle soulève le voile artistique et dramaturgique de l’œuvre sous lequel Shakespeare a consciemment caché, non seulement une Connaissance incontestablement hermétique, initiatique même aux Mystères des Mondes et de l’Ame humaine, mais aussi  sa  propre conscience , son être  intérieur, sa Doctrine de vie ;  Nicole Marchand vient dire au monde entier : « voilà la véritable identité secrète de Shakespeare !  Ne la cherchez nulle part ailleurs : Shakespeare fut initié aux Mystères de la Connaissance libératrice et en cette époque de fin Renaissance, – époque périlleuse, funeste même aux grands esprits amoureux de liberté et d’authenticité – il choisit de s’exprimer sous la discrétion qu’offrait alors une œuvre d’art non codifiée. Avec la clé de l’hermétisme en main, embarqués dans un nouveau déchiffrage de Shakespeare, nous descendons dans l’œuvre et découvrons qu’effectivement Shakespeare tourne adroitement  nos regards et notre attention sur les forces divines qui accomplissent en l’homme la transfiguration ; c’est-à-dire qui permettent le changement de l’homme terrestre mortel en un homme céleste, lorsque celui-ci accepte d’être nourri de la Sagesse Universelle immortelle ! C’est le  Premier et le Dernier des principes hermétiques !

C’est pourvue d’une écriture fluide, claire et chaleureuse, et par un travail très sérieux d’approfondissement totalement renouvelé des pièces, des scènes, des personnages, que Nicole Marchand aborde  « l’énigme Shakespeare »  et… la résout  ! On ne peut qu’être convaincu et enflammé par cette vision toute nouvelle de Shakespeare, On ne peut qu’utiliser cette clé pour découvrit « qui était Shakespeare » ; pourquoi il écrivait de cette façon, si particulière, unique, étrange, à la limite souvent de  l’incompréhensible.

L’état d’esprit de Shakespeare était celui d’un initié qui dit ce qu’il sait être LA vérité et le dit de la seule façon possible : par le langage symbolique ! La  langue des oiseaux ! Comme tous les initiés, Shakespeare écrit dans le Souffle de l’Esprit ; il pense forcément in petto « comprenne qui pourra comprendre !» Et il confie,  son œuvre puisée à « l’Eternité du vrai »,  au « temps des  hommes », dans  l’espoir que l’heure viendra un jour où un être lèvera les voiles de tous les commentaires temporels et culturels adressés au dramaturge,  et viendra dire : « voyez, le fond de  l’œuvre est là, le fond spirituel ! là est le génie de Shakespeare et ce génie n’est autre que l’Esprit Eternel implanté en lui, comme dans Son temple.

Toutefois, malgré ces hauteurs, les livres de Nicole Marchand sur Shakespeare évitent, haut la main, le reproche d’aridité hermétique : ses mots distribuent de la vie, de l’intelligence, de  l’émotion. On ne lit pas ses livres ! On les vit ! On pénètre les ressorts cachés de ses œuvres maitresses. Le vrai Shakespeare, sa  véritable identité, se trouve cachée là, dissimulée sous une langue énigmatique que Nicole Marchand déchiffre pour nous : La force de la thèse tient à la sensibilité même de l’auteure, à ses expériences vécues, qui l’ont rapprochée presque jusqu’à l’identité, de cette même Doctrine de Shakespeare qui inclut une volte face radicale par rapport à la vie ordinaire : se détourner des chemins terrestres remplis de confusion, d’illusion, d’ignorance et de douleurs, pour trouver en soi même, et pour entrer dans le Ciel intérieur plein de clarté : Le vrai Ciel de Shakespeare, le Ciel hermétique de la Pensée Pure, de la raison Suprême  !

Dans l’introduction de son premier livre sur Shakespeare, Nicole Marchand raconte comment elle fut conduite à une rencontre foudroyante avec le dramaturge anglais et à lui consacrer tout son travail de recherche et d’écriture. Une réflexion vivante, agréablement documentée, convaincue et enthousiaste sur un dramaturge, est rare, surtout quand il s’appelle Shakespeare ! Surtout quand cette réflexion sert en même temps, pour le lecteur, d’heureuse initiation à l’hermétisme !

C’était déjà une réelle surprise que Nicole Marchand avait réservée à ses lecteurs avec son premier livre « Shakespeare révélé » . Son second livre , « Les deux visages de  la femme, chez William Shakespeare et Gustav Meyrink » précise l’essence secrète et problématique de l’âme humaine, sa double nature révélée par des scènes explosives de l’œuvre shakespearienne mises en parallèle avec le chef d’œuvre, baroque et flamboyant, de Gustav Meyrink « L’ange  à la fenêtre d’Occident ». Le va et vient entre les deux auteurs nous conduit aux sources de ce que Nicole Marchand nomme « le fantastique vrai » tel que le connurent, dans leur propre intimité secrète, William Shakespeare et Gustav Meyrink.

Nicole Marchand fait lever bien des émotions tumultueuses dans le cœur du lecteur. Ceux qui ont aimé le premier livre auront, avec le second, le plaisir supplémentaire d’être intronisé dans la lecture de L’Ange à la fenêtre d’Occident de Gustav Meyrink, que Nicole Marchand ose avec assurance et maestria confronter au grand Shakespeare. Ce dernier en reçoit en retour un éclairage percutant :

Il est interdit désormais d’oublier la connaissance que Shakespeare avait de l’âme humaine, de sa double nature, et du But divin, libérateur des limites de ce monde tridimentionnel,  auquel elle est appelée. Il est interdit désormais d’oublier que Shakespeare partageait la foi que Pic de la Mirandole avait en la magie christique d’un chemin intérieur secret, gravé dans le cœur d e l’homme par les séraphins et les chérubins. Il est interdit enfin d’étouffer et ce jusqu’à la fin des temps, la belle parole de Hamlet,  enseignant vigoureusement à sa mère la reine, l’existence du chemin intérieur, purificateur et transmutateur de l’âme humaine  par la grâce duquel vient fleurir ce signe divin : «  la rose au front pur le l’amour innocent » .